Après les nombreuses critiques liées à la volonté de créer une société afin de gérer les activités commerciales de la FIFA et attirer des investisseurs extérieurs, dans l’optique d…

La marche arrière est spectaculaire. Le président de la Fédération internationale de football (FIFA), Gianni Infantino, a finalement décidé de renoncer à son projet d’ouvrir l’instance aux investisseurs privés, après les nombreuses critiques qui ont accompagné son annonce initiale. « Après avoir écouté attentivement tous les points de vue, il est clair que le projet engendre des divisions qui, quel que soit le niveau de soutien dont il bénéficie, ne servent plus l’objectif initial », énonce un communiqué de la FIFA publié tôt samedi 1er août. « Notre objectif a toujours été – et sera toujours – de rassembler et de progresser. Par conséquent, cette proposition ne sera pas mise en œuvre », ajoute le texte. « Nous nous réjouissons du fait que l’unité de toutes les confédérations et fédérations ait été privilégiée dans l’intérêt du football », a réagi en premier, sur X, la Fédération de football mexicaine, en prenant acte du retrait. Le projet, présenté à la surprise générale mardi par Gianni Infantino, entendait créer une société – la FIFA Forward Entreprise (FFE) – afin de gérer les activités commerciales de la fédération internationale et attirer des investisseurs extérieurs, dans l’optique d’accroître ses revenus. La FIFA voulait lever jusqu’à 4,2 milliards de dollars (3,6 milliards d’euros environ) en cédant des parts de la FFE à des privés, qui seraient selon elle restés minoritaires, jusqu’à 20 %. Globalement, le plan visait à porter à 10 milliards de dollars (8,7 milliards d’euros) le financement du développement du football dans les quatre prochaines années. Mais il a rapidement suscité une fronde importante, faisant craindre une marchandisation du football et une mise aux enchères de parts de la Coupe du monde à des investisseurs privés. Beaucoup s’inquiétaient de voir les compétitions dénaturées, quand bien même la FIFA assurait conserver le contrôle exclusif de la FFE ainsi que « l’autorité exclusive » sur la gouvernance du football, les épreuves, le calendrier, les décisions réglementaires, etc. La très puissante UEFA, qui réunit 55 fédérations européennes et compte dans ses rangs sept des dix derniers champions du monde, avait aussitôt menacé, jeudi, « à l’unanimité », de ne pas participer aux prochaines compétitions de la FIFA, y compris la Coupe du monde, si cette dernière n’abandonnait pas le projet. La Concacaf, composée de 41 fédérations d’Amérique du Nord, centrale et des Caraïbes, avait de son côté « rejeté la proposition ». Son homologue asiatique, l’AFC, lui avait emboîté le pas, vendredi, en estimant que le plan « ne pouvait parvenir au large consensus et à l’unité nécessaires pour aller de l’avant ».