Le président de l’association France Universités, Lamri Adoui, revient, dans un entretien au « Monde », sur les débats de ces derniers mois autour du montant des droits d’inscripti…

Lamri Adoui, président de l’université de Caen-Normandie, à la tête de l’association France Universités, revient sur les propositions des Assises du financement de l’université et rappelle la nécessité d’« élever le niveau d’ambition et de formation de la jeunesse », et de mieux accompagner les étudiants, à rebours de l’idée qu’ils seraient trop nombreux et qu’il faudrait revoir le mode de sélection à l’entrée de l’université. Nous ne sommes pas favorables à cette proposition, qui n’est pas entendable dans les conditions actuelles. Tant que le sujet de la réforme des bourses n’est pas à l’ordre du jour, toute question sur les droits d’inscription des étudiants nous semble totalement hors de propos. Un premier pas avait été fait en 2022 qui devait être la première étape d’une grande réforme des bourses et plus globalement des aides sociales à l’étudiant. C’est de cela qu’il faut parler. C’est un peu maigre, oui, au regard de la promesse des 3 % du PIB consacrés à la recherche faite à Lisbonne [lors du Conseil européen de Lisbonne, les 23 et 24 mars 2000] il y a maintenant plus de vingt ans. Elle est tenue par de très nombreux pays, mais pas par la France, qui reste à 2,2 % à peu près de son PIB, ce qui fait un manque pour la recherche et l’innovation en France de 25 milliards d’euros par an, 8 milliards d’argent public et le double d’argent privé. Le compte n’y est pas si on veut jouer dans la compétition internationale à armes égales, non seulement avec les pays avec lesquels on est habitués à se confronter, mais aussi avec des pays émergents, notamment en Asie du Sud-Est.