Cet arrêté, qui « complète la mesure d’expulsion » adoptée mercredi par le ministère de l’intérieur, vise à prévenir la commission de « nouveaux actes d’ingérence », explique le mi…

Les autorités françaises ont ordonné le gel pour une durée de six mois des avoirs de Xenia Fedorova, ex-dirigeante de RT France, chaîne financée par le Kremlin et désormais figure pro-Poutine de CNews, selon un arrêté pris jeudi 30 juillet au Journal officiel. La mesure, prise conjointement par les ministres de l’intérieur et de l’économie en application du code monétaire et financier, vise l’ensemble des fonds et ressources économiques appartenant à Mme Fedorova ou contrôlés par elle, ainsi que ceux des personnes morales ou entités agissant pour son compte ou sous son contrôle. L’arrêté interdit également toute mise à disposition, directe ou indirecte, de fonds ou de ressources économiques au bénéfice de l’intéressée ou des entités qu’elle contrôle. Dans cet arrêté, Mme Fedorova est désignée volontairement et successivement sous des orthographes et surtout deux dates de naissance différentes, preuve des mystères qui règnent encore sur son CV. Elle est, en effet, successivement citée sous les noms « Ksenia BORCHIK FEDOROVA née le 26 décembre 1980 à Kazan (Fédération de Russie) », « Kseniya FEDOROVA née le 30 juillet 1980 » et « Xenia FEDOROVA ». En mars 2025, dans son livre Bannie (aux éditions Fayard), elle se disait née le 26 décembre 1980, à Kazan, capitale de la république du Tatarstan, partie de la Fédération de Russie. L’arrêté, qui « complète la mesure d’expulsion » adoptée mercredi par le ministère de l’intérieur, vise à prévenir la commission de « nouveaux actes d’ingérence », a expliqué le ministère de l’économie et des finances, en empêchant la mise à disposition ou l’utilisation « de fonds ou ressources économiques au profit de cette personne et des personnes morales ou de toutes autres entités qu’elle contrôle, détient ou qui agissent sciemment pour son compte ». Le gel, qui entre en vigueur dès aujourd’hui, est « renouvelable le cas échéant par la publication d’un nouvel arrêté », a précisé Bercy. La chroniqueuse, déjà visée par un arrêté d’expulsion, est victime d’un « acharnement », a dénoncé son avocat, Me Emmanuel Piwnica. Le gel de ses avoirs est une « mesure manifestement illégale » qui « confirme l’acharnement à l’encontre de Mme Fedorova. Elle n’est pas mieux justifiée que son expulsion », a-t-il affirmé. La chroniqueuse a dénoncé « une forme entièrement nouvelle de pression politique » et une « censure des opinions qui ne correspondent pas au discours officiel ». « Mon comportement (…) consiste à vivre en France depuis près de dix ans dans le respect de la loi, à payer mes impôts, mais aussi à avoir une opinion et à l’exprimer dans le cadre de mon travail de journaliste », s’est défendu l’ancienne patronne de RT France, sur X. Invité sur RTL vendredi, le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, a assuré que cet arrêté n’est « pas une atteinte à la liberté d’expression », car il est « très motivé » et « fait référence à de nombreux propos qu’elle a pu tenir et qui systématiquement reprennent la propagande du Kremlin sur l’engagement de la France, sur ce qui se passe en Ukraine, sur les raisons, les motivations de l’agression russe en Ukraine. Systématiquement, elle reprend le verbatim au mot près de la Russie et elle intervient dans le débat politique français sur ces sujets ». D’après les informations du Monde, Mme Fedorova n’a pas pointé au commissariat du 7 e arrondissement de Paris : une contrainte dont est assorti l’arrêté d’expulsion, afin de rendre la vie sur le territoire national difficile. Ne pas se présenter relève d’un délit.