« La Seine en cinq îles » (1/5). Occupé dès la période gallo-romaine, le cœur de Melun a abrité une résidence royale au Moyen Age. Entre la collégiale Notre-Dame et le jardin botan…

Reportage« La Seine en cinq îles » (1/5). Occupé dès la période gallo-romaine, le cœur de Melun a abrité une résidence royale au Moyen Age. Entre la collégiale Notre-Dame et le jardin botanique s’y croisent aujourd’hui étudiants, commerçants et… pêcheurs de brochet. L’île Saint-Etienne, en Seine-et-Marne, est peut-être l’une des îles les plus invisibles de la Seine. Chaque jour, des milliers d’automobilistes la traversent sans même s’en apercevoir. Trois grands axes routiers l’enjambent, dont le pont de la Pénétrante, voie rapide départementale qui prend appui sur sa pointe occidentale. A cette vitesse, difficile de deviner qu’entre les files de voitures et les feux tricolores s’étend l’un des plus anciens cœurs urbains d’Ile-de-France. A pied, l’insularité réapparaît. Il suffit de s’engager sur le pont Jeanne-d’Arc. Là, au milieu d’un flot continu de véhicules, le bouquiniste Jean-Luc Bergé semble avoir créé son propre îlot. Alignées le long du parapet, ses grandes boîtes vertes débordent de livres anciens, d’affiches jaunies et de vieilles cartes postales. « A chaque échange, il se passe quelque chose. J’ai mes habitués, mais il y a toujours une rencontre inattendue qui fait ma journée », dit-il en souriant. Il ajoute : « Le samedi, c’est souvent festif par ici. Il y a une belle ambiance. » Lorsque la foule envahit le pont Jeanne-d’Arc pour la fête annuelle du brie de Melun ou lors du passage de la flamme olympique à l’été 2024, le bouquiniste se retrouve souvent au premier rang des festivités. « Lors du passage de la flamme, j’ai eu un peu peur. On m’avait demandé de desceller toutes mes boîtes : j’ai cru au cauchemar, car cela me prend beaucoup de temps de déballer et de remballer en temps normal. Finalement, j’ai pu les laisser en place, mais il a fallu toutes les vider », se souvient-il. Malgré l’orage qui menace, les étalages garnis du bouquiniste attirent les promeneurs et les moments de calme sont rares pour ce joyeux bavard septuagénaire qui fut aussi cafetier pendant vingt-cinq ans à Bois-le-Roi.