« Les douleurs des vacances » (3/7). Certaines zones du corps échappent à la crème solaire, alors que le risque de brûlure est tout aussi grand, sinon plus, qu’ailleurs.

Parmi les douleurs d’été les plus sous-documentées, il y a le coup de soleil sur le pied, celui qui dessine une délicate forme de string au porteur de tongs. En été, le corps est gouverné par une géographie étrange. Le nez, les épaules, le décolleté sont des territoires stratégiques. On les surveille, on les tartine de crème 50 + à un prix exorbitant. Enfermés pendant neuf mois, les pieds échappent, eux, à la vigilance. « No shoes, no news », promettent les vacances. Le coup de soleil qui leur tombe dessus est le symbole du mépris pour cette partie du corps un peu trop loin du cerveau qui exige des contorsions de fakir afin d’y tartiner de la crème solaire. « Le risque de coup de soleil est le même sur le dos des pieds que sur n’importe quel autre endroit du corps, nuance le professeur Claude Linassier, directeur du pôle prévention, organisation et parcours de soins à l’Institut national du cancer. On connaît les gestes de protection, mais on a beau mettre des vêtements couvrants, on oublie souvent les pieds – un endroit qui ne se protège pas bien si on porte des chaussures ouvertes. La crème solaire sur les parties non couvertes, c’est un bon réflexe, mais elle ne protège pas à 100 % des risques UV, même à un indice élevé. La meilleure protection reste l’ombre. »