Alors que le mégafeu qui a ravagé 42 000 hectares en Gironde est officiellement fixé depuis samedi, les habitants des communes les plus touchées disent leur colère. Ils sont presqu…

EnquêteAlors que le mégafeu qui a ravagé 42 000 hectares en Gironde est officiellement fixé depuis samedi, les habitants des communes les plus touchées disent leur colère. Ils sont presque 1 000 à souhaiter qu’une plainte contre X soit déposée. Colère XXL au point zéro du mégafeu en Gironde. A Saumos, le village d’où est parti l’incendie qui a détruit 42 000 hectares en dix jours, et au Porge, où près de 200 maisons ont brûlé, les habitants n’en finissent pas de ressasser le déroulé des premières heures du feu, avant qu’il ne devienne hors de contrôle. A qui la faute ? Aurait-on pu maîtriser rapidement le sinistre ? Pourquoi ne pas les avoir davantage écoutés ? Dans un paysage de désolation, où les pins noirs aux cimes roussies attendent de s’écrouler, quatre sylviculteurs, réunis chez Bertrand Biensan, forestier au Porge, tout proche, racontent au Monde, unanimes, comment, mercredi 22 juillet, le commandant des opérations de secours (COS) a refusé de les entendre et d’ajouter leurs compétences aux siennes. Selon eux, arrêter ce feu, le « tuer dans l’œuf », était tout à fait possible rapidement, sans « ce mépris envers [eux], qui cultiv[ent] le pin ici à la suite de [leurs] pères et [leurs] grands-pères, et qui t[iennent] d’eux la technique ancestrale des contre-feux », explique Bertrand Biensan. « On connaît par cœur chacune de nos parcelles pour avoir grandi dessus ; on sait où “moucher” un feu », insiste Didou Deyres, conseiller municipal et ancien adjoint à la mairie du Porge, une voix qui compte dans le coin. Mais le 22 juillet, il n’a pas été entendu. Pas plus que Jean-Jacques Maurin, un autre forestier éconduit.