La Réserve fédérale de New York a orchestré une vente d’euros inédite pour acheter des yens. La monnaie nippone avait enregistré en juillet ses plus bas niveaux depuis près de quar…

Washington a bel et bien dépensé pour soutenir le yen qui a atteint dernièrement ses plus bas niveaux en quarante ans. Donald Trump a confirmé, dimanche 2 août, ce que le Financial Times avait avancé quelques heures plus tôt, à savoir que les Etats-Unis étaient intervenus pour soutenir la monnaie nippone. Interrogé à bord de l’avion présidentiel Air Force One sur les raisons d’un tel acte, le président américain a répondu : « Parce que nous avons une bonne relation avec le Japon ». Les Etats-Unis vont tirer un « avantage financier » de cette décision, a insisté Donald Trump, mais « c’était avant tout (…) un geste d’amitié », également « bon pour l’économie mondiale ». Citant trois sources anonymes proches, le Financial Times avait affirmé, dimanche, que « la Réserve fédérale de New York a[vait] pris la décision inhabituelle de procéder à une vente d’euros pour acheter des yens pour le compte du Trésor » vendredi, en coordination avec le Japon. Il s’agissait alors de « la première fois en près de trente ans que Tokyo et Washington [unissaient] leurs forces pour soutenir la monnaie japonaise par le biais d’achats directs », a écrit le journal. « Nous sommes très, très solides sur le plan financier. Eux, vous savez, ils ont un yen qui s’affaiblit et ils avaient besoin d’un peu d’aide, a déclaré Donald Trump. Et nous sommes toujours là pour le Japon. Le Japon a été très bon pour nous, à l’exception bien sûr de Pearl Harbor. » Cette intervention a coïncidé avec la remontée soudaine de la monnaie japonaise, qui a enregistré en juillet ses plus bas niveaux depuis décembre 1986, jusqu’à 163,24 yens pour un dollar, plombée par les écarts de taux entre le Japon et les Etats-Unis. A Tokyo, la ministre des finances japonaise, Satsuki Katayama, a également confirmé l’intervention conjointe des deux pays, précisant que son ministère avait « acheté des yens en coordination avec le département du Trésor américain » vendredi. « Cette action conjointe (…) a permis de contrer la volatilité excessive et les mouvements désordonnés du yen ces derniers mois (…) Nous n’hésiterons pas à mener d’autres interventions conjointes », a-t-elle déclaré dans un communiqué. Un message à l’unisson du secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent : « Nous n’hésiterons pas à participer à de nouvelles interventions conjointes », a-t-il affirmé sur X, citant la sécurité économique et l’alliance américano-japonaise parmi les raisons de cette décision. Vendredi, le yen s’échangeait à 160,53 (soit 0,88 euro) face au dollar, après avoir atteint 158 yens (0,87 euro) la veille sur fond de rumeurs d’une intervention gouvernementale japonaise.