L’arrivée soudaine de 50 000 personnes à Ceuta interroge sur le rôle de Rabat dans cette crise migratoire, alors que le royaume chérifien conteste l’appartenance des deux cités à l…

La crise migratoire qui a enfiévré la cité espagnole de Ceuta, jeudi 30 et vendredi 31 juillet, a donné lieu à quantité d’interprétations sur l’attitude supposée du Maroc à l’égard de ce confetti situé au nord du royaume chérifien. Ces tentatives de franchissement de la frontière, qui ont vu environ 50 000 personnes rejoindre l’enclave espagnole – avant que la plupart n’en repartent quasiment aussitôt, ont notamment relancé le débat l’appartenance du territoire à l’Espagne, contestée par Rabat. Un contentieux évoqué dès jeudi par le représentant d’Israël aux Nations Unies : « Il serait temps que l’Espagne explique au monde pourquoi elle maintient des enclaves coloniales en Afrique », a ainsi réagi Danny Danon. Au même moment, le département d’Etat américain, dirigé par Marco Rubio, blâmait le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez, l’accusant de « faciliter l’immigration illégale massive en Europe ». Ces déclarations, assimilables à des pressions, en disent plus sur leurs auteurs que sur la politique étrangère marocaine. Les relations de Madrid avec les Etats-Unis et Israël sont en effet glaciales, alors que Pedro Sanchez s’est positionné en faveur de la Palestine et qu’il refuse d’ouvrir l’espace aérien de son pays aux avions américains participant aux frappes contre l’Iran. Ce qui a nourri des rumeurs, sur les réseaux sociaux, attribuant un rôle aux Etats-Unis et à Israël dans cet épisode, bien qu’aucun élément concret ne l’étaye à ce jour.