« La bonne paye ». Chaque semaine, « Le Monde » parle d’argent avec les jeunes. Que signifie « bien gagner sa vie » ? Comment se projettent-ils dans l’avenir ? Cette semaine, Gwena…

« Je suis coiffeuse dans le Var et je gagne 1 570 euros net par mois. Je fais trente-cinq heures par semaine, avec le samedi régulièrement travaillé. C’est un salaire qui correspond à un niveau confirmé, car j’ai 24 ans et j’ai commencé tôt : à 16 ans, avec un CAP, puis un brevet professionnel, pour lesquels je me suis exercée dans un salon de la campagne picarde, où j’ai grandi. Adolescente, je n’étais pas très scolaire. Je savais juste que j’aimais tout ce qui était artistique, je dessinais beaucoup. C’est ma mère qui m’a dit : “Et si tu faisais coiffeuse ?” Je n’avais jamais mis les pieds dans un salon de coiffure. C’était ma grand-mère qui me coupait les cheveux. Mais cela semblait à la fois créatif et professionnalisant. J’étais ravie à l’idée d’arrêter les cours académiques et de mettre la main à la pâte. A la campagne, on est très manuels, avec tout ce qu’il y a à faire à la maison ou au jardin. C’était une évidence de passer par un cursus en apprentissage. Pour être sûre, j’ai fait mon stage de 3e dans un salon de coiffure. Ensuite, cela n’a pas été simple de trouver un lieu d’apprentissage. J’ai déposé 200 CV, dans des petites communes comme dans des grandes villes, et n’ai reçu que deux réponses. Ma mère, blanchisseuse, m’a encouragée. Elle me conduisait un peu partout pour candidater. Pour mon père, cheminot, c’était une autre histoire. Mes parents sont séparés et ils n’avaient pas la même idée sur la question. Lui aurait souhaité que j’aille dans l’hôtellerie, comme un de mes frères. Cela a été source de beaucoup de conflits. Si bien que, quand on m’a appelée pour m’annoncer que j’étais prise dans un des salons où j’avais candidaté, j’ai hésité. Heureusement, j’ai fini par accepter la proposition. Dans ce salon d’une petite ville de 15 000 habitants, les huit femmes qui y travaillaient m’ont prise sous leurs ailes. Elles sont devenues comme une deuxième famille. « Je suis coiffeuse dans le Var et je gagne 1 570 euros net par mois. Je fais trente-cinq heures par semaine, avec le samedi régulièrement travaillé. C’est un salaire qui correspond à un niveau confirmé, car j’ai 24 ans et j’ai commencé tôt : à 16 ans, avec un CAP, puis un brevet professionnel, pour lesquels je me suis exercée dans un salon de la campagne picarde, où j’ai grandi. Adolescente, je n’étais pas très scolaire. Je savais juste que j’aimais tout ce qui était artistique, je dessinais beaucoup. C’est ma mère qui m’a dit : “Et si tu faisais coiffeuse ?” Je n’avais jamais mis les pieds dans un salon de coiffure. C’était ma grand-mère qui me coupait les cheveux. Mais cela semblait à la fois créatif et professionnalisant. J’étais ravie à l’idée d’arrêter les cours académiques et de mettre la main à la pâte. A la campagne, on est très manuels, avec tout ce qu’il y a à faire à la maison ou au jardin. C’était une évidence de passer par un cursus en apprentissage. Pour être sûre, j’ai fait mon stage de 3e dans un salon de coiffure. Ensuite, cela n’a pas été simple de trouver un lieu d’apprentissage. J’ai déposé 200 CV, dans des petites communes comme dans des grandes villes, et n’ai reçu que deux réponses. Ma mère, blanchisseuse, m’a encouragée. Elle me conduisait un peu partout pour candidater. Pour mon père, cheminot, c’était une autre histoire. Mes parents sont séparés et ils n’avaient pas la même idée sur la question. Lui aurait souhaité que j’aille dans l’hôtellerie, comme un de mes frères. Cela a été source de beaucoup de conflits. Si bien que, quand on m’a appelée pour m’annoncer que j’étais prise dans un des salons où j’avais candidaté, j’ai hésité. Heureusement, j’ai fini par accepter la proposition. Dans ce salon d’une petite ville de 15 000 habitants, les huit femmes qui y travaillaient m’ont prise sous leurs ailes. Elles sont devenues comme une deuxième famille.