La directrice de la rédaction, Eve Szeftel, a cependant assuré que Jean Quatremer, qui vient de quitter le journal « Libération », « ne va exercer aucun rôle dans la direction de l…

La société des rédacteurs de Marianne (SRM) s’est élevée, vendredi 31 juillet, contre la « place démesurée » promise au journaliste Jean Quatremer, qui quitte Libération pour le magazine, dont il pourrait « tordre » l’ADN, selon eux, ce que récuse la direction. Selon la directrice de la rédaction, Eve Szeftel, « Jean ne ressemble en rien au portrait caricatural que vous faites de lui », a-t-elle écrit aux journalistes de la rédaction, dans un message consulté par l’Agence France-Presse. Mais, pour la SRM, « ces écrits occuperaient une place de choix en ouverture du magazine, en remplacement du texte jusque-là signé par Natacha Polony », ancienne directrice de Marianne. Cela « marquerait un tournant dans l’identité éditoriale du titre, de nature à tordre notre ADN et à brusquer nos lecteurs ». « Jean Quatremer s’est illustré par sa morgue envers les simples citoyens qui oseraient intervenir » dans le débat public et a récemment « multiplié les invectives contre les militants de la cause palestinienne », a aussi estimé la SRM. « Notre rédaction ne s’oppose pas à ce que son courant de pensée s’exprime dans nos colonnes », mais « ce nouvel éditorial lui donnerait une place démesurée », a-t-elle jugé. Eve Szeftel a cependant assuré que Jean Quatremer « ne va exercer aucun rôle dans la direction de la rédaction, ni l’orientation du journal », mais « va exprimer une opinion ». Il ne va pas non plus « remplacer Natacha Polony », mais occuper la place « laissée vide par la disparition de Jacques Julliard », en septembre 2023. Son positionnement est à même d’attirer « de nouveaux lecteurs », a également fait valoir la directrice de la rédaction. Jean Quatremer était le correspondant de Libération à Bruxelles, chargé de couvrir l’actualité des institutions européennes. Il avait intégré la rédaction en 1984. Ses relations avec certains de ses collègues s’étaient envenimées ces dernières années. En avril, une assemblée générale organisée par des salariés de Libération s’était réunie pour évoquer le malaise de la rédaction face aux prises de position du journaliste, également chroniqueur sur LCI. Certaines de ses déclarations étaient considérées comme outrancières par une partie de la rédaction, en particulier sur le conflit israélo-palestinien et l’islam, ainsi que des publications sur le réseau social X, jugées insultantes.