« Havres des cimes » (3/7). Après ou avant l’effort, le réconfort ! Les randonneurs troquent désormais volontiers leur casse-croûte contre un repas chaud et roboratif. Mais, à cett…

Reportage« Havres des cimes » (3/7). Après ou avant l’effort, le réconfort ! Les randonneurs troquent désormais volontiers leur casse-croûte contre un repas chaud et roboratif. Mais, à cette altitude, quand les provisions sont livrées par hélicoptère une fois par mois, concocter une garbure rime avec gageure. A 1 965 mètres d’altitude, une simple omelette garnie aux oignons et lardons devient un régal. « Elle est vraiment très bonne, la cuisson est parfaite, merci », glisse Guillaume Behaghel, 49 ans, en terminant son assiette. Ce gestionnaire de patrimoine venu de Haute-Savoie goûte les plaisirs des longues journées de marche en solitaire et du bivouac minimaliste, mais ne renonce pas pour autant au plaisir d’un plat chaud : « Dès que je peux manger autre chose qu’un casse-croûte, je saute sur l’occasion. » Il est 14 heures au refuge de l’Etang d’Araing (Ariège), sur la commune de Sentein, au pied du pic de Crabère, qui culmine à 2 630 mètres. Le déjeuner s’achève. Quelques randonneurs s’attardent face aux sommets, d’autres repartent sur le GR 10. Ce soir de juin, une quarantaine de marcheurs dîneront et dormiront dans ce bâtiment à ossature métallique rouge de la Fédération française des clubs alpins et de montagne, face à un plan d’eau. En cuisine, sanglé dans son tablier, Anoura Barré, 44 ans, est déjà passé au service suivant. Une marmite de garbure frémit doucement. Un porc aux pruneaux mijote. A côté, un gâteau au chocolat, parfumé avec de la menthe cueillie au pied du refuge, refroidit.