« Personne n’est en train de vendre le football », se défend l’instance internationale, alors que l’UEFA a annoncé qu’elle boycotterait les futures compétitions, dont les Coupes du…

La Fédération internationale de football association (FIFA) a annoncé, vendredi 31 juillet, qu’elle comptait poursuivre son projet de création d’une société commerciale ouverte aux investisseurs étrangers, malgré les critiques et les menaces de boycott des nations européennes. « Le processus de consultation que nous avions prévu a été perturbé par des informations inexactes diffusées dans les médias », affirme l’instance dirigeante du football mondial, dans un communiqué. « Nous poursuivrons néanmoins cette consultation afin que chaque fédération membre puisse se prononcer sur la base de faits avérés », ajoute-t-elle. « Personne n’est en train de vendre le football. C’est quelque chose que la FIFA n’envisagerait jamais », affirme l’instance, confirmant avoir bien entendu les critiques émanant des fédérations européennes (UEFA) et américaines (Concacaf). « Nous respectons les retours et les inquiétudes rendues publiques et nous réaffirmons notre engagement à ouvrir une consultation ouverte et démocratique », assure le communiqué. Les 55 fédérations de l’UEFA ont menacé, jeudi, « à l’unanimité » de ne pas participer aux prochaines compétitions de la FIFA si celle-ci ne renonce pas à son projet dévoilé mardi de créer une société commerciale ouverte à des investisseurs privés. La Concacaf, qui regroupe 41 fédérations d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes, a « rejeté la proposition », même si le Mexique a déclaré depuis qu’il n’était pas sur cette ligne. Après avoir regretté que ce projet ait été rendu public sans que ses membres aient été consultés auparavant, la Confédération asiatique de football (AFC) a annoncé, vendredi, soutenir l’UEFA et la Concacaf, « pour protéger la Coupe du monde ». Dans une précédente lettre envoyée aux membres de sa confédération, consultée par Le Monde, le président de l’AFC, Salman Bin Ibrahim Al Khalifa, les avait appelés, jeudi, à attendre le résultat des consultations pour s’exprimer. Le média japonais Nikkei Asia avait rapporté, de son côté, un désaccord entre les membres de l’AFC au sujet du projet. La Confédération africaine de football (CAF) s’est montrée moins critique, appelant ses membres à « examiner » et à « évaluer » le projet, tout comme la Confédération océanienne de football (OFC). La Confédération sud-américaine de football (Conmebol), elle, ne s’est pas exprimée à ce stade. La FIFA a besoin de 106 voix – sur les 211 nations représentées – pour que le projet soit approuvé et lancé. Les fédérations membres ont jusqu’au 19 septembre – l’UEFA dénonce « un ultimatum » et une « gouvernance par la peur » – pour se prononcer, selon une lettre de Gianni Infantino aux 211 fédérations révélée par plusieurs médias. Par ailleurs, Carlos Cordeiro, le conseiller de Gianni Infantino qui représentait la FIFA au sein du groupe de travail de la Maison Blanche lors de la Coupe du monde, a annoncé sa démission en signe de protestation. « Soyons clairs : je n’ai joué aucun rôle dans cette proposition et je m’y oppose sans équivoque », a affirmé celui qui est l’ancien président de la fédération américaine et un ancien banquier d’affaires chez Goldman Sachs, avant de qualifier l’opération de « mauvais deal pour le football ».