Le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, s’est rendu sur place dans une ambiance électrique, ciblant des rumeurs lancées par des « mafias de trafiquants d’être humains » d’être…

Alors que les arrivées de migrants en provenance du Maroc se poursuivaient, vendredi 31 juillet au matin, le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, s’est rendu sur place pour dire sa solidarité avec « la ville de Ceuta » et dénoncer une « attaque » et une « atteinte à l’intégrité territoriale de l’Espagne ». Arrivé dans un hélicoptère, accueilli par les insultes de nombreux habitants, M. Sanchez a annoncé que des soldats, ainsi que huit plongeurs, un bateau et des drones seraient bientôt déployés pour garantir la sécurité de l’enclave espagnole. « Le gouvernement espagnol utilisera tous les moyens à sa disposition pour garantir la sécurité de ses citoyens » a-t-il promis, avant de dénoncer des « mafias de trafiquants d’être humains » qui auraient lancé des rumeurs après une récente décision de justice espagnole statuant sur la reconduite des migrants arrivés par la mer. Selon Juan Vivas, président de la ville autonome de Ceuta, « environ 60 000 personnes sont entrées dans [la] ville » depuis jeudi. « Cela représente 70 % de la population de Ceuta. Evidemment, ce chiffre montre qu’il est impossible d’absorber cette pression », a-t-il dit, alors qu’il avait déjà demandé au gouvernement de déclarer « l’état d’urgence national ». Au moins 34 personnes sont mortes noyées en essayant d’entrer à Ceuta, a-t-il ajouté. Le ministère de l’intérieur espagnole a précisé, en début d’après-midi, que 25 000 personnes avaient déjà été renvoyées vers le Maroc et que « les départs de Ceuta se font à un rythme de 150 personnes par minute ». Selon son ministre de l’intérieur, Fernando Grande-Marlaska, qui l’accompagnait, Madrid et Rabat prendront « des mesures pour le transfert » vers le Maroc « dès que possible, de toutes les personnes qui sont entrées illégalement à Ceuta ». Côté marocain, la police dit avoir arrêté, vendredi, une trentaine de personnes dans la ville de Fnideq. Il s’agit de la plus importante arrivée de migrants depuis mai 2021, lorsque plus de 10 000 personnes avaient réussi à passer en deux jours la seule frontière terrestre de l’Union européenne avec le continent africain, Melilla, autre enclave espagnole en territoire marocain, où la frontière a été fermée. Emmanuel Macron a demandé au ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, de « renforcer les contrôles à la frontière avec l’Espagne », selon son entourage, cité par l’Agence France-Presse (AFP), et a promis que « la France se [tenait] prête à apporter aux autorités espagnoles tout l’appui nécessaire », notamment grâce à l’agence européenne chargée du contrôle des frontières, Frontex. Selon les explications du ministre de la politique territoriale espagnol, Angel Victor Torres, la décision ‌évoquée par M. Sanchez lors de son arrivée à Ceuta a été rendue récemment par la Cour suprême espagnole. Celle-ci a jugé que les migrants interceptés en mer alors qu’ils tentent de ​rejoindre Ceuta ou Melilla ne pouvaient pas être renvoyés immédiatement en vertu d’un régime spécial applicable dans ces enclaves.