Encouragées par des messages sur les réseaux sociaux, quelque 50 000 personnes ont rejoint illégalement l’enclave espagnole depuis jeudi 30 juillet, un afflux sans précédent. Mais…

ReportageEncouragées par des messages sur les réseaux sociaux, quelque 50 000 personnes ont rejoint illégalement l’enclave espagnole depuis jeudi 30 juillet, un afflux sans précédent. Mais la plupart d’entre elles ont déjà été contraintes de faire le chemin retour. Leur exil a duré un ou deux jours. Trois pour les plus chanceux. A peine le temps de croire à leur rêve fou : une nouvelle vie en Europe. « Chez nous au Maroc, les rêves nous tuent », lance Hamza El Yemen, 25 ans. Il est temps, pour ces innombrables gamins, de rentrer à la maison, c’est-à-dire de reprendre la route vers un pays qu’ils auraient voulu ne pas revoir de sitôt. Et de lancer des « bye-bye » à Ceuta, enclave espagnole, au nord du royaume chérifien, l’une des deux seules frontières terrestres de l’Union européenne avec le continent africain. Vendredi 31 juillet, des dizaines de milliers de Marocains, pour la plupart des jeunes hommes ou des adolescents – certains semblent être des enfants d’à peine 10 ans –, et quelques femmes, ont retraversé la frontière dans l’autre sens après l’avoir franchie la veille, ou l’avant-veille, le plus souvent à la nage. La grille haute de plusieurs mètres leur est, cette fois-ci, grande ouverte, gardée par l’armée espagnole.