Les deux mandats d’Emmanuel Macron ont permis une petite révolution, d’abord en décuplant les frais d’inscription pour les étudiants extracommunautaires puis en posant les jalons d…

La hausse des droits d’inscription à l’université est-elle devenue une nécessité à laquelle il faudrait se résoudre ? La question, jusqu’ici taboue, est désormais livrée au débat public, et il est à parier que des candidats à l’élection présidentielle de 2027 s’en saisiront. Au cours des deux quinquennats d’Emmanuel Macron, des pions ont été avancés de manière très progressive, pour aboutir à la préconisation choc des Assises du financement des universités, dans un rapport rendu au ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, fin juin. Les auteurs – l’inspecteur général des finances Jérôme Fournel et l’ancien président d’université Gilles Roussel – se prononcent en faveur d’une hausse de plus de 400 % des frais. Les coûts d’une année de licence et d’une année de master passeraient respectivement de 178 euros à 900 euros et de 254 euros à 1 300 euros. De quoi abonder jusqu’à 10 % des recettes des universités, contre 2,7 % aujourd’hui. Si elles ne « diversifient » pas leurs sources de financement, elles resteront dans l’ornière, justifient les rapporteurs. « On voit bien qu’on a besoin de plus d’argent dans les universités. Il faut donc augmenter les efforts publics, tout en réfléchissant à des mécanismes contributifs de la part des étudiants qui peuvent se le permettre », déclarait alors le ministre de l’enseignement supérieur, Philippe Baptiste. « Quoi qu’il arrive, ce gouvernement n’augmentera pas les droits d’inscription à l’université », a-t-il affirmé, jeudi 30 juillet, dans un entretien au Figaro tout en répétant que « cela ne peut être envisageable qu’avec un modèle redistributif, en ne faisant payer plus cher que les étudiants qui le peuvent ».