En annonçant un décret visant les étrangers qui auraient « diffusé des messages de haine » contre le peuple argentin, notamment pendant le Mondial de football, le président surfe s…

L’opportunité était trop belle pour qu’il ne la saisisse pas. Surfant sur un patriotisme exacerbé par les critiques adressées à l’Argentine sur le comportement de son équipe et de ses supporteurs pendant la Coupe du monde, Javier Milei a pris, une fois de plus, le pays de court. Jeudi 30 juillet au matin, le président libertarien publiait, à la surprise générale, un décret de nécessité et d’urgence qui interdit l’entrée, ou rend passible d’expulsion, les étrangers « qui auraient diffusé des messages de haine, oralement ou par écrit, ou incité à la violence contre le peuple argentin dans son ensemble, ou contre un citoyen argentin, motivés par sa nationalité ». Javier Milei a justifié une telle mesure par « les récentes manifestations d’hostilité contre la République argentine et les Argentins ». Pour en légitimer la « nécessité » et l’« urgence », dans son préambule, le décret constate « qu’ont considérablement augmenté les messages de haine et actes d’hostilité et de mépris dirigés spécifiquement contre le peuple argentin, sa culture et son identité nationale ». Un élan qui a d’autant plus surpris, qu’en Argentine, le patriotisme est davantage associée au progressisme qu’à la droite, régulièrement accusée par ses opposants de « vendre la patrie ».