Qu’il s’agisse des chatbots comme ChatGPT ou des « aperçus IA » récemment lancés par Google, la promesse de l’intelligence artificielle est la même : fournir à l’internaute tout ce…

AnalyseQu’il s’agisse des chatbots comme ChatGPT ou des « aperçus IA » récemment lancés par Google, la promesse de l’intelligence artificielle est la même : fournir à l’internaute tout ce dont il a besoin, sans qu’il ait à prendre la peine de cliquer sur des liens. Ces derniers sont-ils, dès lors, devenus obsolètes ? Imaginez : vous êtes dans un quartier inconnu, c’est l’heure du goûter et vous avez faim. Seriez-vous prêt à arpenter des rues à la recherche d’une boulangerie ? Sans doute pas. Il est probable que vous suiviez les indications d’une application, comme Google Maps, afin d’arriver directement à destination. Et si un coursier vous proposait de vous rapporter le pain au chocolat dont vous rêvez, là où vous vous trouvez : prendriez-vous même la peine de vous déplacer ? Remplacez le coursier par ChatGPT, les boutiques par les pages Web et les rues par les liens hypertextes et vous avez, en substance, le questionnement qui attend chaque internaute : pourquoi cliquer sur ces derniers puisque tout peut être servi à votre porte ? Le 22 juillet, Google a déployé en France ses « aperçus IA » (« AI Overviews »). Quand elle est activée, la fonctionnalité relègue l’antique liste des « 10 premiers liens » au fond de la première page de résultats du moteur de recherche et la remplace par un résumé, écrit automatiquement par l’intelligence artificielle (IA) Gemini. Résultat : de nombreux éditeurs de sites Internet craignent pour l’avenir de leurs activités en ligne. En Allemagne, où l’option était déjà en place, la société de référencement Sistrix enregistrait une chute de 6,6 % du nombre de clics en provenance du Google. Mais plus encore qu’une problématique de modèle économique pour les sites Internet, la question est presque philosophique. Le Web s’est bâti sur le concept même de liens qui, par leur multiplication, forment ce qu’on appelle communément la « Toile ». Si ces liens ne sont plus parcourus, ont-ils encore une raison d’exister ?