La Gironde, en proie à un mégafeu depuis le 22 juillet, a vu une partie importante de sa forêt reculer au profit des habitations au cours du temps. Une modification du territoire q…

L’incendie en Gironde – comme la grande majorité des feux de forêt en France – s’est déclaré à l’interface entre la ville et la nature. Des lieux où se rencontrent et s’entremêlent le bâti et la végétation, bien identifiés par les chercheurs, qui pointent leur croissance depuis les années 1960 et, mécaniquement, l’augmentation du risque d’incendie. Face à l’ampleur des incendies qui touchent le pays, quels enseignements et quels défis pour l’urbanisme ? La géographe Christine Bouisset, professeure à l’université de Pau et des pays de l’Adour, copilote du collectif de scientifiques du CNRS qui a établi, en mai, un état des lieux des connaissances sur le risque d’incendie et ses impacts dans les interfaces urbaines, évoque les défis ainsi posés. Ce département se caractérise par une occupation du sol mixte entre grands espaces forestiers et zones urbanisées. Il a connu ces dernières années une forte croissance économique et démographique, qui s’est accompagnée d’une urbanisation importante, à la fois dans l’aire d’influence de Bordeaux Métropole et à proximité du littoral. Dans les deux cas, c’est la forêt qui libère des zones à urbaniser, contrairement à d’autres régions où l’on ampute plutôt des terrains agricoles ou des friches.