Ce phénomène naturel revient tous les deux à sept ans. Les eaux de surface dans le centre et l’est de l’océan Pacifique équatorial se réchauffent, ce qui entraîne pendant plusieurs…

Le phénomène climatique El Niño, qui continue à se renforcer, « attise une planète déjà en feu », entraînant le monde en « territoire inconnu », s’est alarmé, vendredi 31 juillet, le secrétaire général de l’ONU, dans un discours martelant les dangers de la crise climatique. « Il y a deux mois, j’avais prévenu qu’El Niño arrivait à nos portes. Il est maintenant à l’intérieur de la maison et augmente la chaleur », a déclaré Antonio Guterres à la presse. « Nous avons déjà enduré un été d’extrêmes : des dômes de chaleur battant tous les records, des incendies apocalyptiques ravageant l’Espagne, la France et au-delà, des milliers de vies perdues sous une chaleur accablante, a-t-il ajouté. Mais selon les dernières données scientifiques, ce n’est qu’un échauffement. » El Niño est un phénomène naturel qui revient tous les deux à sept ans. Les eaux de surface dans le centre et l’est de l’océan Pacifique équatorial se réchauffent, ce qui entraîne des modifications majeures des régimes de vents, de pression et de précipitations à l’échelle mondiale pendant plusieurs mois. Cette année, la plupart des modèles prédisent un épisode d’une ampleur exceptionnelle, potentiellement le plus fort jamais enregistré. Les eaux du Pacifique n’ont jamais été si chaudes si tôt au début d’un phénomène El Niño, a également relevé Antonio Guterres. L’Organisation météorologique mondiale prévoit que « d’ici octobre quasiment toutes les parties terrestres de la planète seront plus chaudes que la normale », a-t-il insisté. Il y a un « risque de pulvériser tous les records saisonniers et d’entraîner des conséquences encore plus graves à l’échelle mondiale », a-t-il ajouté, en soulignant, au-delà de l’impact d’El Niño sur la chaleur, celui qu’il aura sur les précipitations, et la crainte d’un affaiblissement de la mousson en Inde. « Nous sommes en terrain inconnu » avec « une crise climatique en surrégime », a insisté le secrétaire général. Dans ces conditions, « la chaleur fauche des vies à une échelle croissante, jour après jour, dans toutes les régions du monde », a-t-il ajouté, en déplorant que les morts liées à la chaleur extrême soient toujours insuffisamment répertoriées. Alors que « la planète se réchauffe plus vite que notre capacité à réagir », M. Guterres a insisté pour des actions immédiates « sur quatre fronts » : sortir des énergies fossiles pour que le monde « arrête d’attiser la crise » ; protéger la population avant que la chaleur devienne encore plus meurtrière, avec par exemple des systèmes d’alerte précoce et un accompagnement des communautés ; mieux prendre en compte la chaleur extrême sur les lieux de travail ; et adapter les villes, les écoles, les hôpitaux.